la petite voleuse ....

une simple participation au
cacolendrier ... et puis le fauteuil a pris toute la place
encombrant, le fauteuil est rentré dans la pièce de justesse, nous avions tourné autour, essayé ...
ça fait un peu fauteuil de malade ?
il ne savait pas encore à quel point il lui deviendrait indispensable, on s'est posé la question : on aurait fait comment ces deux longs mois ... la douleur dans la jambe se faisait de
plus en plus intense, chaque séance de rayons le ramenait un peu plus anéanti à chaque fois, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus y aller qu'allongé
ça fait pas un peu trop "malade" d'arriver en brancard ?
on n'avait pas réalisé la gravité, cette p...de vertèbre ... rongée par la maladie qui s'est installée là
de la colère, une reflexion : pourquoi autant attendre, j'ai bien peur de comprendre la réponse
et pourtant cet homme là est malade,
il lutte, il est capable d'accepter des seuils de souffrances intolérables parce que c'est le prix à payer pour accepter le traitement qui va faire reculer la maladie, c'est mon homme alors
on ne doit pas le considérer en chiffres et en images, en probabilités et en statistiques, mon homme est brave et combattant alors il faut pas le laisser choir au fond de son fauteuil
la dernière séance a eu lieu le 23 janvier, il ne pouvait plus se mobiliser, petit à petit, les ustensiles liés au handicap rentraient à la maison, jusqu'au plus intime caché dans la chambre parce
que ça fait malade ces trucs moches
il gardait la volonté de ne pas garder le lit comme un malade mais cela devenait de plus en plus impossible et chaque jour, il perdait un peu plus d'autonomie jusqu'à ces semaines où je le portais
du lit au fauteuil et il restait cloué là jusqu'au soir sauf quand nous faisions l'une ou l'autre le petit train ...
la vie familiale s'est organisée autour de ce fauteuil : nous
mangions autour , nous ne jouions pas autour, nous nous
réunissions autour, nous ne discutions pas gravement autour, nous recevions autour et lui nous donnait le change : le fauteuil et son occupant était devenu le centre de la maison.
deux semaines, c'est long deux semaines mais pas tant que ça ... il a été privé totalement d'autonomie deux semaines
il y a eu une puis deux hospitalisations où le malade a été pris en charge et au retour ... il marchait à nouveau, il avait retrouvé son autonomie,
être passé à quelques millimètres de la privation de ses membres inférieurs : il s'en est trouvé tout ressuscité le père lustucru !
le fauteuil est toujours son siège principal où on le trouve à coup sûr mais il le quitte seul et va même au jardin prendre place sur la tondeuse
à suivre ...
Bises douces