Jardins de Pareillas

Jardins de Pareillas

art de vivre entre botanique, gastronomie et créativité


inventaire de rentrée

Publié par n-talo sur 3 Septembre 2008, 21:18pm

Catégories : #pratique de vie

les petites sont parties ailleurs poursuivrent leurs études
en trois mois nous sommes passés d'une vie à quatre (cinq avec la maladie devrais-je dire) à un.
comment ça va ¿
où je vais ¿
d'où je viens

plus personne ne m'attends si je rentre tard (d'ailleurs je suis passée chez le coiffeur ce soir et il était neuf heures !)
plus personne ne m'aura préparé mon diner (tant pis, je mangerai la misère du frigo et puis toute les graines dont personne ne voulait dans cette maison , na !)
pas de fond sonore non plus (ça  c'est plus triste, vivement l'hiver que le feu crépite dans la cheminée)
lavage, repassage, ménage ... pffffft ... envolé et faire du point compté sans compter les heures
rester au jardin jusqu'à la nuit
rester devant l'ordi autant qu'il me plaira
comment ça va ¿
où je vais ¿
d'où je viens ?

Le sentiment de l'existence naît dans notre âme et prend la forme de la conscience sauf si ... le sentiment de notre existence dépend pour une bonne part du regard que les autres portent sur nous
non  décidément je préfère la première formule, celle du choix.
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuitcela fait trois mois depuis dimanche, déjà !
un autre chemin ...

tout de suite aprés,  presque impossible d' avaler autre chose que du liquide: une semaine de jeûn choisi par le corps
puis est arrivée la semaine des larmes, et la douleur à faire hurler
son départ était insupportable et pourtant la nourriture passait à nouveau
puis cette déchirure profonde et si douloureuse qui brulait  est devenue étau au point de perdre la respiration

la douleur est restée vive jusqu'au quatorze juillet, avec le temps, elle est devenue supportable
le gout des saveurs est revenu aprés le quinze aout
le noir est la bonne couleur, celle de l'ombre, celle dans laquelle on ne voit pas, elle ensevelit ce corps qui crie famine alors s'habiller en noir est une évidence
se concentrer pour être là où le devoir nomme d'être, ici à l'instant où l'on est attendu,

de nouveaux projets naissent avec cette rentrée

comment ça va ¿
où je vais ¿
d'où je viens ?

ce n'est pas le chemin de la vie qui est difficile, c'est la difficulté du chemin qui fait la vie
libre inspiration d'un citation égratignée de simone weil

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit
encore vaciller quand son absence est inaceptable, laisser les larmes jaillir du coeur en même temps que les cris étouffés
et je l'entends ... pleure pas
t'es marrant toi ! pleure pas ! si tu crois que c'est facile ...
se résoudre à ce chemin de vie est au dessus de mes forces,
comprendre que cet apprentissage prend appui dans cette part de lui que je porte :  il me prend la main, les larmes cessent de couler, le plexus s'ouvre à nouveau et laisse passer le souffle, la brulure s'estompe ...  debout .

comment ça va ¿
où je vais ¿
d'où je viens

je n'irai plus dans ses pas vers ces endroits cachés que nous aimions fouiller de l'oeil
je ne partagerai plus l'ivresse des grands espaces devant lesquels on se sent si peu de choses
je ne peux pas écouter les choristes sans verser un torrent de larmes ... nous étions si heureux

la première des consolations, c'est ce temps qui m'appartient
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuitFresque "En sortant de l'école" réalisée par les élèves de l'école primaire de vinneuf en 1993
enfin, je souris, je ris de nouveau
la semaine suivante, je vais plaisanter encore

comment ça va ¿
où je vais ¿
d'où je viens

sa présence résonne en moi et j'y trouve mon équilibre.
alors si il n'y a pas à partager ça veut dire tout garder ? c'est trop

ce n'est pas la chair qui est réelle, c'est l'âme.
la chair est cendre, l'âme est flamme ( victor hugo)

j'ai appris le sens du mot communion

j'ai compris la foi

dans le silence de la maison, je ne suis pas seule.


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eleonor 07/09/2008 18:13

Profite de tous ces jours pour faire la paix avec toi même, personne ne disparait vraiment tant que quelqu'un se souvient...Amitiès

Line 07/09/2008 15:46

Touchée au plus profond par tes mots, tes silences, ta douleur, ta force, tes faiblesses, tes peurs, tes espoirs aussi... Touchée à vif et très émue de te lire.

Khassiopee 06/09/2008 22:02

...

lolo B 06/09/2008 19:00

Beau texte comme toujours chez toi... mais que d'émotions..... Je t'embrasse bien fort Nathalie....Bon week-end avec tes filles!

Christiane 05/09/2008 22:48

Chère Nathalie, je ne savais pas que les "petites" étaient parties toutes les deux. Dur dur même si c'est normal, ce qui n'est pas normal c'est de le vivre seule..... Tout ce que vous écrivez est trop vrai, très beau aussi. Je vous embrasse toutes les trois puisque le WE est là. Christiane

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