de la santé du père lustucru

C'était dimanche dernier ...

communion de mémoire des uns et des autres

concentrés sur un carré de terre,  sur un jeune sujet qui enflammera la coline

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des oiseaux qui passent là juste au moment où s'envolent quelques poussières d'étoile

quatre feuilles qui restent accrochées à l'arbre,

le lendemain, une seule restait sur l'arbre, l'une que l'on avait vu enlacée la veille était chue au pied, l'autre avait voleté à la lisière de la terre fraîchement remuée alors que la troisième commencait à dévaler la pente


J'ai entrevu quelque chose
 
Au bord du silence
Au bord de l'immobile
Au bord de l'absence
 
Juste entre les arbres
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Et ce n'était rien
Q'une épaissseur
Dans le jour
 
Juste dans le regard
 
De l'autre coté
De la fenêtre
Et de l'attente
 
Juste de l'autre coté
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Les vies perdues
Dorment dans la neige
Eclatante du soleil
 
Enigme de lumière
Et d'aveuglement
Etendard de l'absence

 

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Seuls les arbres
Dressent leur nudité
Contre le vide

Sous le regard
Se tait une présence
Comme une paix
 

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Plus profonde
Que le silence.
 
J-M Denervaud


Dimanche 30 novembre 2008

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over the rainbow
Somewhere, over the rainbow, way up high,
There's a land that I heard of once in a lullaby.

Somewhere, over the rainbow, skies are blue,
And the dreams that you dare to dream really do come true.

Someday I'll wish upon a star
And wake up where the clouds are far behind me,
Where troubles melt like lemon drops.
Away above the chimney tops
That's where you'll find me.

Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuitSomewhere over the rainbow, bluebirds fly,
Birds fly over the rainbow,
Why then, oh why can't I?

Somewhere over the rainbow, bluebirds fly,
Birds fly over the rainbow,
Why then, oh why can't I?

If happy little bluebirds fly
Beyond the rainbow,
Why oh why can't I ?



Mercredi 4 juin 2008

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Vierge Sainte,
au milieu de vos jours glorieux,
n'oubliez pas les tristesses de la terre.


jetez un regard de bonté sur ceux
qui sont dans la souffrance,
qui luttent contre les difficultés
et qui ne cessent de tremper leurs lèvres
aux amertumes de cette vie;


ayez pitié de ceux qui s'aimaient
et qui ont été séparés !
ayez pitié de l'isolement du coeur !
ayez pitié de la faiblesse de notre foi !
ayez pitié des objets de notre tendresse !
ayez pitié de ceux qui pleurent,
de ceux qui prient, de ceux qui tremblent !


donnez à tous l'espérance et la paix.
ainsi soit-il
Abbé Perreyve
Mardi 3 juin 2008

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à l'occasion du décés de michel, nous avons souhaité donner un coup de pouce à ceux que nous avions trouvé sur notre chemin et qui ont su nous aider :
les dons ont été adressés à la ligue contre le cancer
ce n'est pas la chair
qui est réelle, c'est l'âme.
la chair est cendre,
 l'âme est flamme ( victor hugo)
pour ceux qui souffrent encore ... la lutte doit continuer
Lundi 2 juin 2008

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ça ne va pas, dit nicolas, sans se retourner, avant que la voiture démarre.
...
on va te guérir, dit-il. ce que je voulais dire, c'est qu'il ne pouvait rien arriver de pire que de te voir malade, quelle que soit la maladie.
- j'ai peur .. dit chloé. il m'opérera sûrement.
- non, dit colin, tu seras guérie avant.
- qu'est-ce qu'elle a ? répéta nicolas. je peux faire quelque chose ?
lui aussi avait l'air trés malheureux. son aplomb ordinaire s'était fortement ramolli.
- ma chloé ... dit colin. calme-toi
- c'est sûr, dit nicolas. elle sera guérie trés vite.
- ce nénuphar, dit colin. où a-t-elle pu attraper ça ?
- elle a un nénuphar ? demanda nicolas, incrédule.
- dans le poumon droit, dit colin. le professeur croyait au début que c'était simplement quelque chose d'animal. mais c'est ça. on l'a vu sur l'écran. il est assez grand, mais enfin, on doit pouvoir en venir à bout.
- mais oui, dit nicolas.
- vous ne pouvez pas savoir ce que c'est, sanglota chloé. ça fait tellement mal quand il bouge.
la voiture démarra. nicolas la menait lentement à travers les maisons compliquées. le soleil disparaissait peu à peu derrière les arbres et le vent fraîchissait.
- le docteur veut qu'elle aille à la montague dit colin. il prétend que le froid tuera cette saleté.
- c'est sur la route qu'elle a attrapé ça, dit nicolas. c'était plein d'un tas de dégoutations du même genre.
- il dit aussi qu'il faut tout le temps mettre des fleurs autour d'elle, ajouta colin, pour faire peur à l'autre ...
il ne pouvait se décider à prononcer le nom de la plante exécrable.
- pourquoi ? demanda nicolas
- parce que s'il fleurit, dit colin, il y en aura d'autres. mais, on ne le laissera pas fleurir.
...
chloé dormait.
dans la journée, le nénuphar lui prêtait la belle couleur crème de sa peau mais pendant son sommeil, ce n'était pas la peine, et les taches rouges de ses joues revenaient. ses yeux faisaient deux marques bleutées sous son front et de loin on ne savait pas s'ils étaient ouverts. colin était assis sur une chaise dans la salle à manger et il attendait.
il y avait beaucoup de fleur autour de chloé, il pouvait encore attendre quelques heures avant de chercher un autre travail ...

on ne pouvait plus entrer dans la salle à manger, le plafond rejoignait presque le plancher auquel il était réuni par des projections mi-végétales mi-minérales, qui se développaient dans l'obscurité humide. la porte du couloir ne s'ouvrait plus, seul subsistait un étroit passage menant de l'entrée à la chambre de chloé ... chloé était toujours entourée de fleurs. ses mains allongées sur les couvertures tenaient à peine une grosse orchidée blanche qui paraissait beige à coté du sa peau diaphane. elle avait les yeux ouverts et remua à peine en voyant isis s'assoir prés d'elle.
nicolas vit chloé et il détourna la tête, il aurait voulu lui sourire, il s'approcha d'elle et lui caressa la main, il s'assit aussi et chloé ferma doucement les yeux et les rouvrit, elle paraissait contente de les voir.

l'administration donnait beaucoup d'argent à colin mais c'était trop tard. il devait maintenant monter chez des gens tous les jours, on lui remettait une liste, il annonçait les malheurs un jour avant qu'ils n'arrivent ...il monta les deux marches, et suivit le couloir et frappa, reculant d'un pas sitôt aprés ; quand les gens voyaient sa casquette noire, ils savaient et le maltraitaient, mais colin ne devait rien dire, on le payait pour ce travail. la porte s'ouvrit. il prévint et partit, un lourd morceau de bois l'atteignit dans le dos, il chercha sur la liste le nom suivant, et vit que c'était le sien. alors il marcha dans la rue, et son coeur se fit de plomb, car le lendemain, chloé serait morte
l'écume des jours - boris vian
c'est arrivé hier dans la soirée
Dimanche 1 juin 2008

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la petite voleuse ....Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit
une simple participation au cacolendrier ... et puis le fauteuil a pris toute la place

encombrant, le fauteuil est rentré dans la pièce de justesse, nous avions tourné autour, essayé ...
ça fait un peu fauteuil de malade ?
 il ne savait pas encore à quel point il lui deviendrait indispensable, on s'est posé la question : on aurait fait comment ces deux longs mois ... la douleur dans la jambe se faisait de plus en plus intense, chaque séance de rayons le ramenait un peu plus anéanti à chaque fois, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus y aller qu'allongé
ça fait pas un peu trop "malade" d'arriver en brancard ?

on n'avait pas réalisé la gravité, cette p...de vertèbre ... rongée par la maladie qui s'est installée là
de la colère, une reflexion : pourquoi autant attendre, j'ai bien peur de comprendre la réponse
et pourtant cet homme là est malade,
il lutte, il est capable d'accepter des seuils de souffrances intolérables parce que c'est le prix à payer pour accepter le traitement qui va faire reculer la maladie, c'est mon homme alors on ne doit pas le considérer en chiffres et en images, en probabilités et en statistiques, mon homme est brave et combattant alors il faut pas le laisser choir au fond de son fauteuil
 
la dernière séance a eu lieu le 23 janvier, il ne pouvait plus se mobiliser, petit à petit, les ustensiles liés au handicap rentraient à la maison, jusqu'au plus intime caché dans la chambre parce que ça fait malade ces trucs moches
il gardait la volonté de ne pas garder le lit comme un malade mais cela devenait de plus en plus impossible et chaque jour, il perdait un peu plus d'autonomie jusqu'à ces semaines où je le portais du lit au fauteuil et il restait cloué là jusqu'au soir sauf quand nous faisions l'une ou l'autre le petit train ...
la vie familiale s'est organisée autour de ce fauteuil : nous mangions autour , nous ne jouions pas autour, nous nous réunissions autour, nous ne discutions pas gravement autour,  nous recevions autour et lui nous donnait le change : le fauteuil et son occupant était devenu le centre de la maison.
deux semaines, c'est long deux semaines mais pas tant que ça ... il a été privé totalement d'autonomie deux semaines

il y a eu une puis deux hospitalisations où le malade a été pris en charge et au retour ... il marchait à nouveau, il avait retrouvé son autonomie,
être passé à quelques millimètres de la privation de ses membres inférieurs : il s'en est trouvé tout ressuscité le père lustucru !

le fauteuil est toujours son siège principal où on le trouve à coup sûr mais il le quitte seul et va même au jardin prendre place sur la tondeuse
à suivre ...
Mercredi 16 avril 2008

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une journée avec lui .
une journée avec lui ...  ça commence la nuit
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il est étendu et j'ai l'oreille tendue, je ne peux rien faire d'autre, la souffrance sait se faire respecter et tenir ceux qui l'aime, lui, à distance.
il ne fait pas jour quand il réclame sa première dose, et le quotidien calcul reprend ... 3 et 4 sept, et 4 douze...
il est six heures, la prochaine dose de morphine rapide ne doit pas être avant sept heures alors ce sera juste du paracétamol pour commencer ... il souffre depuis déjà trois longues heures, allongé sur le dos, il ne peut plus se tourner, il appréhende déjà le moment du lever.
la douleur s'installe,  ne se fait jamais oublier, le corps garde la mémoire de la douleur et à chaque crise elle est plus violente que la fois précédente, on peut quantifier son degré d'envahissement.
sur une échelle de 1 à 10 ... mais comment peut-on compter ? nous savons. 10 c'est le niveau au delà duquel on ne peut plus compter par défaut de conscience
le jour va se lever, sur une étrange idée, celle que chaque jour apporte son petit bonheur du jour ... peut-être ... parce qu'il y a des jours sans
il est presque sept heures, il va pouvoir prendre sa morphine rapide qui devrait faire reculer encore les cris, les larmes, les appels, les prières, que faire ? compter. quinze minutes, il faut quinze minutes pour redescendre vers un niveau supportable. et l'infernal compte à rebours commence, le décompte de minutes pour descendre l'échelle , pourvu qu'il arrive à 4 pour se mettre debout.
il est huit heures quinze, l'arsenal du matin comme petit déjeuner : une prise de morphine retard et autre anti machin et anti truc sans oublier sachets, capsules et gellules pour éviter les effets secondaires ; de quoi arriver à tenir, de quoi arriver à mettre un pied devant l'autre.
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une journée avec lui ... et de toute façon, il ne pourrait pas faire une journée sans moi.
il est neuf heures, je le regarde se lever, lui proposant une main, un bras pour s'appuyer mais son corps ne répond pas vraiment à ses demandes, ses jambes restent repliées alors qu'il voudrait les poser. il se tient en z, cherche une position dans laquelle le bas du dos, les hanches, les cuisses ne le feraient pas souffrir. il lui semble que ses jambes le lâchent, que les cuisses se vissent douloureusement dans les hanches.
une journée avec lui ... le rôle de la doublure dans ce mauvais film.
les muscles disparus le laissent sans force et tout raide, il ne peut plus atteindre ses pieds alors une doublure, ça aide pour le bas
il est dix heures, un thé et quelques tartines grillées sur lesquelles il mettra autant de beurre que de confiture, la souffrance lui laisse un moment de répit, le temps de faire quelques mots croisés et puis il partira pour la séance de rayons, la voiture aussi confortable soit-elle le ramenera moulu à la maison,
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il est midi, il va prendre une nouvelle dose de morphine rapide, et se reposer avant le déjeuner
le repas vite expédié, il regagnera à grand peine son fauteuil, s'y installera pour l'aprés midi.
 
hier soir, j'étais à ses côtés pour mener bataille  : une morphine active alors qu'elle se faisait juste entendre puis l'artillerie lourde du soir pour la faire taire ; force est de reconnaitre qu'elle a eu le dessus, le diner n'a pas pu avoir lieu calmement autour de la table.
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c'était mercredi dernier au petit matin
jeudi matin alors que l'aube empourprait le ciel, la souffrance enflammait son corps, pas de cris, le souffle coupé, les yeux fermés, la respiration haletante, il est arrivé à se lever, mais le soir encore la douleur l'a emporté dans la tourmente de la souffrance
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la souffrance laisse des traces, imprime la mémoire de la douleur, amenuise ses forces petit à petit
une journée avec lui c'est une journée à ses cotés pour l'aider à supporter.
depuis jeudi, la dose de morphine est augmentée, une autre calmant vient renforcer la batterie.
désormais, impossible de le laisser seul,  le petit train pour le déplacer et plus que jamais les gestes quotidiens sont en doublette, aménagés pour un moindre effort.
depuis vendredi, d'autres se sont appliqués à venir semer des petits bonheurs dans ses journées et même si la souffrance est toujours là, on a eu l'impression que les distractions la mettaient au second plan par instant
déjà trois jours qu'il n'a pas descendu l'escalier.
demain, l'ambulance viendra le chercher pour l'emmener à l'hopital faire le scanner de contrôle
"je vais avoir l'air malin d'arriver pour un scanner des poumons sans marcher !" dit-il soucieux de quelques coquetteries
une journée avec lui, ça peut ne pas paraitre rose
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une journée avec lui, une semaine avec lui ... affolant cette descente aux enfers de la souffrance qui lui fait perdre son autonomie, moins qu'hier, plus que demain, c'est l'inverse d'un célèbre serment d'amour
je l'aime pareil, nous l'aimons pareil parce qu'il reste le même, juste qu'il est dans une mauvaise passe, juste que ? c'est pas juste !
la fonte musculaire etait lisible depuis sa sortie de l'hôpital. qu'il ait beaucoup perdu par un manque d'activité, c'est compréhensible , mais à ce point ? et que ça continue ... pourquoi ? à moins que ce soit une conséquence de la chimiothérapie : les  cellules musculaires ne se renouvelleraient pas ? et il n'a pas maigri !  parole de pèse-personne.
avec les filles on parle, avec l'une de ses pires peurs, avec l'autre de ce qui serait la meilleure des causes à son mal et l'une de se prendre à rêver d'une machine à remonter le temps, et l'autre qui voudrait être plus vieille d'un an pour être sortie de là
et il aka prendre des médicaments qui font refaire les muscles, ça existe ?
c'est quand son rendez-vous pour l'irm ?
c'est pas une petite métastase qui peut faire mal comme ça ?
une journée avec lui, c'est une journée qui fait mon bonheur puisque je suis avec lui.    
Dimanche 13 janvier 2008

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