luigi magnani, mécène et collectionneur grâce auquel la fondation qui porte son nom conserve aujourd'hui, dans la campagne de parme, un beau choix d'oeuvres de morandi, a bien connu le peintre, et,
dans le livre qu'il lui a consacré, il cite ce passage des
élégies de duino où rilke se demande si le temps n'est pas venu pour les poètes de dire non plus le ciel,
l'ineffable, mais la terre, l'"ici", le proche et le simple :
peut-être sommes nous ici pour dire : maison, pont, fontaine, portail, cruche, verger, fenêtre - ou mieux : colonne, tour ... mais dire, comprends-moi, comme les choses même jamais n'ont
cru être intimement ...
on pourrait penser en effet que morandi, dans ses natures mortes, a exaucé à sa manière ce qui d'ailleurs, chez rilke, faute d'ingénuité, est resté le plus
souvent à l'état de voeu. mais on voit tout de suite que le choix des "choses simples", des "choses d'ici" convoquées par rilke, est incomparablement plus varié que celui de morandi; et que, de ces
choses, beaucoup ne sont pas si simples que cela : il suffit de songer à la richesse de résonnances qu'éveillent en nous des mots tels que "pont", "porche" ou "fenêtre" . de sorte que
ce voeu de l'art poétique rilkéen aurait été réalisé plutôt par d'autres peintres modernes, dont bonnard, chez lesquels, en effet, tous dieux et demi-dieux enfuis ou récusés, ponts, fenêtres,
vergers et cruches auront connu toute sorte d'admirables métamorphoses. cette variété, cette richesse, cette profondeur d'échos, devant les natures mortes de morandi, il faut bien avouer que nous
nous en retrouvons presque totatement privés. d'où la persistance, irritante à l'égal d'un défi, de l'énigme qu'elles nous proposent.
il faut l'aborder par diverses voies, aussi naïvement que possible. (faute de mieux)
philippe jaccottet - le bol du pèlerin (morandi)
c'était journée jardinée, rendez-vous du dimanche 13 septembre à pareillas : visite du jardin :(leurs, herbes, aromatiques, potager, aménagements, espaces... matières, saveurs et arômes)
; discussions et échanges.
le jardins animés des créations de sophie (vêtements, ameublement d'nspiration végétale) , de jolies robes ornementèrent la journée ...autour du Jardin Voyageur!
Fabrice (philosophe, écrivain), nous convia autour d'un festin de paroles, intervention inspirée du banquet Platon, à la mémoire du
père lustucru,
Dimanche 13 septembre 2009
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critiques